La Tunisie pleure Abbas Bahri. Mathématicien de génie, homme de science et de culture, savant au sens médiéval du terme. Erudit et esprit universel, il était sans doute le cerveau le plus puissant auquel notre pays ait donné naissance à ce jour. Avec lui, j'ai perdu le 10 janvier un ami de quarante ans, un compagnon des bons et des…
Mohamed Jaoua, lui-même mathématicien, livre un portrait intime d'Abbas Bahri, décédé le 10 janvier 2025. Ami de quarante ans rencontré à Paris en 1974, Bahri était un mathématicien de génie reconnu pour avoir révolutionné l'étude des équations aux dérivées partielles en y appliquant les outils de la géométrie. Doté d'une culture encyclopédique qui transcendait les frontières disciplinaires, il acheva sa thèse d'État en moins de deux ans.
Après une brève période à la Faculté des Sciences de Tunis en 1981, Bahri poursuivit sa carrière aux États-Unis, notamment à l'Université Rutgers où il travailla jusqu'à sa mort. En 1990, il revint enrichir l'université tunisienne en tant que professeur à l'ENIT, jouant un rôle déterminant dans le lancement d'une formation doctorale en Mathématiques Appliquées. Jaoua souligne son humilité, sa générosité envers les jeunes chercheurs et son engagement à maintenir les liens scientifiques entre les mathématiciens tunisiens et la communauté internationale, malgré les vicissitudes politiques.