Un prix mathématique rémunère séparément la découverte et la formalisation des preuves
Justin Sun, fondateur de la blockchain TRON, a annoncé la création du Justin Sun Prize, un prix mathématique qui se distingue des récompenses académiques traditionnelles par plusieurs caractéristiques inédites. Contrairement aux prix classiques, il ne tient compte ni de l'âge, ni du statut institutionnel, ni de la nationalité des candidats, et ne comporte aucune cérémonie annuelle ni processus de nomination. Le coeur du dispositif repose sur une double distinction : chaque problème peut donner lieu à deux récompenses séparées, l'une…
Lire la synthèse →Justin Sun, fondateur de la blockchain TRON, a annoncé la création du Justin Sun Prize, un prix mathématique qui se distingue des récompenses académiques traditionnelles par plusieurs caractéristiques inédites. Contrairement aux prix classiques, il ne tient compte ni de l'âge, ni du statut institutionnel, ni de la nationalité des candidats, et ne comporte aucune cérémonie annuelle ni processus de nomination.
Le coeur du dispositif repose sur une double distinction : chaque problème peut donner lieu à deux récompenses séparées, l'une destinée au « prouveur » — celui qui trouve et présente la solution mathématique — et l'autre au « formalisateur », chargé de traduire cette preuve en code vérifiable par une machine, via des logiciels dits de démonstration formelle comme Lean. Ces deux rôles peuvent être assumés par la même personne ou par deux acteurs distincts. Fait notable, le prix n'établit aucune distinction entre preuves d'origine humaine et preuves générées par l'intelligence artificielle.
Le processus de validation est séquentiel et délibérément transparent : la communauté mathématique doit d'abord accepter la preuve, qui prend alors le statut « prouvée, en attente de formalisation » ; les fonds restent bloqués jusqu'à ce qu'une machine vérifie la version formalisée sans erreur ; le paiement ne s'enclenche qu'à l'issue de cette vérification. Les fonds sont déposés sur la blockchain, et l'ensemble des preuves, évaluations et paiements sont accessibles publiquement, ce qui permet à quiconque d'auditer l'historique complet du prix.
La première édition porte sur 66 problèmes de mathématiques classiques, dont certains liés à la conjecture de Riemann, à la conjecture de Goldbach ou encore à des problèmes posés par le mathématicien Paul Erdos. Les problèmes de niveau « Pinnacle », les plus difficiles, sont dotés d'une récompense d'un million de dollars chacun. Selon l'une des sources, OpenAI aurait reçu ce prix maximal pour son travail sur le problème de l'existence et de la régularité des solutions des équations de Navier-Stokes en trois dimensions — l'un des sept Problèmes du Millénaire identifiés par l'Institut Clay en 2000, dont la résolution reste à ce jour non officielle de la part de cet institut.
Sun a précisé que son rôle se limitera à établir la liste des problèmes et à fixer le montant des récompenses. Une fois un problème inscrit, il ne peut être retiré, et les fonds déposés ne peuvent être récupérés. « Je ne suis pas mathématicien. Je suis simplement un observateur et un bienfaiteur. Le reste appartient aux preuves », a-t-il déclaré. Il justifie cette initiative par le fait que sa fortune est fondée sur les mathématiques qui sous-tendent la cryptographie et les blockchains, et qu'il souhaite en retourner une partie à la discipline.
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