Une professeure critique le niveau des étudiants dans une tribune, ils découvrent qu'elle a utilisé l'IA dans son texte
Une polémique aux allures de paradoxe a éclaté autour d'une tribune publiée le 15 août dans le San Francisco Standard par Zvezdelina Stankova, professeure de mathématiques à l'université de Californie à Berkeley. Dans ce texte d'environ 2 000 mots, l'enseignante dressait un bilan sévère du niveau académique de ses étudiants, jugeant que certains d'entre eux accusaient un retard de cinq à huit ans, avec des lacunes remontant parfois au niveau collège sur des notions élémentaires comme les fractions ou l'algèbre. Elle mettait en cause…
Lire la synthèse →Une polémique aux allures de paradoxe a éclaté autour d'une tribune publiée le 15 août dans le San Francisco Standard par Zvezdelina Stankova, professeure de mathématiques à l'université de Californie à Berkeley. Dans ce texte d'environ 2 000 mots, l'enseignante dressait un bilan sévère du niveau académique de ses étudiants, jugeant que certains d'entre eux accusaient un retard de cinq à huit ans, avec des lacunes remontant parfois au niveau collège sur des notions élémentaires comme les fractions ou l'algèbre. Elle mettait en cause la décision de l'université de ne plus exiger les tests standardisés tels que le SAT lors des admissions, estimant que cette réforme avait permis l'entrée d'étudiants insuffisamment préparés aux exigences du programme.
L'article avait d'abord généré un vif débat en ligne, relayé notamment par de grands médias américains. Mais quelques jours après sa publication, des étudiants et journalistes du Daily Californian, le journal universitaire de Berkeley, ont observé que le style de certains passages évoquait fortement celui d'un texte produit par une intelligence artificielle. En faisant appel à Pangram, un outil de détection, ils ont obtenu un résultat indiquant qu'environ un tiers du texte aurait été généré ou assisté par une IA.
Face à ces accusations, Zvezdelina Stankova a reconnu avoir eu recours à l'intelligence artificielle, précisant toutefois que son usage s'était limité à des retouches et à la recherche de documents. Elle a fermement défendu l'ampleur du travail humain sous-jacent, évoquant "plusieurs centaines d'heures", dont "environ 80 heures" qu'elle dit avoir personnellement consacrées au projet. Le PDG de Pangram a de son côté affirmé que son outil présente un taux de faux positifs inférieur à 0,01 %, soulignant sa capacité à distinguer les portions humaines des portions générées par une machine, notamment dans les longs textes.
Le San Francisco Standard a pris la défense de la professeure, estimant que la tribune reflétait bien son analyse et son expertise. Stankova elle-même a déclaré que la controverse sur l'IA détourne l'attention du véritable enjeu : le rétablissement des critères d'admission standardisés à l'université. La situation a suscité des réactions partagées sur les réseaux sociaux, entre ironie devant ce retournement de situation et nuance quant à la légitimité d'utiliser l'IA comme outil de correction.
Actu