"Toutes dans l'équation" : dans les pas d'Elsa Lubek
La série « Toutes dans l'équation » met en lumière des femmes scientifiques et mathématiciennes qui brisent le plafond de verre : étudiantes, chercheuses, ingénieures et enseignantes partagent leurs parcours et leurs appels à plus d'inclusivité dans la recherche.
Lire la synthèse →La sous-représentation des femmes dans les filières scientifiques et mathématiques fait l'objet d'une attention renouvelée, portée à la fois par une série de portraits et par un documentaire diffusé sur France 5 le 1er septembre 2026 à 22h50. Ces deux initiatives, bien que distinctes dans leur forme, convergent vers un même constat : les barrières qui éloignent les filles des sciences sont d'abord culturelles et symboliques, avant d'être liées aux capacités.
Du côté des portraits, la série "Toutes dans l'équation" donne la parole à des femmes engagées dans des parcours scientifiques variés — étudiantes, chercheuses, ingénieures, enseignantes. Parmi elles, Elsa Lubek, étudiante en mathématiques et informatique à l'École polytechnique, incarne une volonté de briser le plafond de verre. Des voix comme celle de Nathalie Ayi, maîtresse de conférences à la Sorbonne, rappellent que l'enjeu est de "rendre le milieu de la recherche le plus inclusif possible", tandis que Céline Bellard, chercheuse au CNRS, regrette que "plus on monte dans la carrière scientifique, moins on retrouve de femmes à des postes haut placés".
Le documentaire réalisé par Abigaïl Mokienko prolonge cette réflexion en suivant sept lycéennes de Douai devenues "ambassadrices" pour encourager leurs camarades à s'orienter vers les mathématiques et les sciences. Au fil d'une année, elles rencontrent des femmes scientifiques, interviennent devant des centaines de collégiens et découvrent notamment ce qu'on appelle l'"effet Matilda" — un concept forgé en 1993 par l'historienne des sciences Margaret Rossiter pour désigner la minimisation historique des contributions des femmes à la science. Des figures comme Rosalind Franklin, Lise Meitner ou Jocelyn Bell Burnell en sont des exemples célèbres.
Les chiffres confirment l'ampleur du défi. À la rentrée 2023, les filles ne représentaient que 15 % des élèves de la spécialité numérique au lycée, contre 42 % en mathématiques. Dans l'enseignement supérieur, elles constituent environ 25 % des entrants en formations d'ingénieur, une proportion quasi stable depuis plus de vingt ans. La réforme du baccalauréat de 2019 aurait en outre accentué le recul, faisant chuter la part des filles dans l'option mathématiques la plus exigeante de 42 % à environ 31 %.
Face à ces constats, un plan gouvernemental baptisé "Filles et maths", expérimenté en 2025 et généralisé en 2026, vise à maintenir 30 000 filles supplémentaires dans la spécialité mathématiques jusqu'en terminale d'ici 2030. L'ensemble de ces initiatives envoie un message commun : les stéréotypes se déconstruisent par l'exemple, et chaque modèle visible compte.
Actu