Interview de Cédric Villani. Les Français n'ont pas la bosse des maths, nous confirme le dernier classement Pisa. Et pourtant, une médaille Fields sur quatre 4 (l'équivalent du Nobel pour les maths) revient à la France. Comment expliquer ce paradoxe ?
La France affiche un contraste frappant : ses performances en mathématiques aux tests Pisa sont médiocres, mais elle revendique une médaille Fields sur quatre, plus haute distinction mondiale en maths. Selon le mathématicien interrogé, ce paradoxe s'explique par la différence entre maintenir une communauté de chercheurs d'excellence et gérer l'enseignement de masse auprès du grand nombre. Le concept même de « bosse des maths » n'a selon lui aucun sens scientifique.
Le ministère de l'Éducation a présenté un plan pour « redonner le goût des maths » reposant sur des principes pédagogiques simples : engagement par le jeu, la narration, la mise en scène ludique des concepts, et création de liens avec d'autres disciplines. Ces démarches doivent faciliter les moments de concentration et d'effort chez l'élève. Pour séduire les enseignants, le projet prévoit le renforcement de la formation continue et pédagogique, surtout pour les instituteurs littéraires peu armés en mathématiques.
Sur la crise des vocations d'enseignants, l'interlocuteur souligne que plusieurs facteurs entrent en jeu : programmes inadaptés, image négative des mathématiques, manque de soutien institutionnel, et concurrence d'autres secteurs qui embauchent des mathématiciens. Bonne nouvelle : les inscriptions au Capes de maths pour les prochains concours progressent nettement.