Quand les physiciens s'ennuient face à la théorie des cordes, ils tirent sur la corde sensible des lecteurs, et sur la comète, pour produire d'improbables théories. En Pologne, par exemple, l'Académie des sciences vient de boucler l'analyse de 113 oeuvres classiques de la littérature. Et leurs conclusions sont simples : on y retrouve des…
L'Institut de physique nucléaire de l'Académie des sciences de Pologne vient de publier une étude surprenante : en convertissant les longueurs de phrases en séquences numériques, les physiciens ont mis au jour des structures multifractales dans 113 oeuvres littéraires classiques (Joyce, Proust, Tolstoï, Hugo, Dostoïevski, etc.) rédigées en sept langues différentes. Les fractales sont des objets mathématiques dont chaque partie reproduit la structure de l'ensemble ; les multifractales étendent ce concept quand une seule dimension fractale ne suffit pas à décrire la complexité.
L'analyse révèle que toutes les oeuvres examinées présentent une autosimilarité remarquable : les phrases longues respectent des ratios constants par rapport aux phrases courtes, formant des cascades de structures gigognes. Finnegans Wake de Joyce affiche des résultats « pratiquement impossibles à distinguer de multifractales idéales ». Ce phénomène suggère que les structures multifractales pourraient refléter des comportements profonds de la conscience et de l'imaginaire des écrivains.
Les chercheurs envisagent des applications pratiques : cette méthodologie pourrait permettre une classification objective des oeuvres littéraires par genre, remédiant à la subjectivité du classement traditionnel. L'étude montre comment l'analyse mathématique peut révéler des patterns cachés dans des domaines aussi inattendus que la littérature.