Sports : les algorithmes jouent les nouveaux arbitres
Utiliser les chiffres pour optimiser les résultats sportifs ? Plus personne n'en fait l'économie. Aujourd'hui, on ne change pas une équipe qui gagne, on la planifie.
Lire un résumé →L'analyse statistique a transformé le sport professionnel mondial en quelques décennies. Initiée aux États-Unis par William Beane aux Oakland Athletics à la fin des années 1980, cette approche basée sur les données a progressivement gagné l'Europe via le football. Des exemples concrets illustrent son impact : Manchester City a multiplié ses buts sur corners en 2010 en adoptant une trajectoire « rentrante » recommandée par ses analystes, tandis qu'Arsène Wenger, ancien professeur de mathématiques à Arsenal, s'appuie depuis longtemps sur les statistiques pour recruter ses joueurs.
Aujourd'hui, pas un sport professionnel n'échappe à cette révolution. Basket, rugby, tennis, natation, cyclisme : tous les clubs et fédérations recourent à des logiciels d'analyse de données pour déceler les points faibles adverses, recruter ou évaluer la forme physique. Des outils sophistiqués comme le Jump Test mesurent la vélocité et la force explosive des athlètes pour personnaliser leur préparation physique. En tennis, le logiciel Slam Tracker d'IBM analyse 41 millions de points enregistrés en huit ans pour prédire les secteurs clés qui décideront d'une rencontre, avec un taux de réussite de 98 % chez les femmes et 100 % chez les hommes.
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