Les maths font du chiffre
Dans votre appareil photo numérique, il y a une révolution mathématique. Rien que ça. Quand le président de la Société mathématique de France se met en tête de redorer l'image de sa discipline, il y met les arguments. Professeur à l'université de Tours, Marc Peigné n'a pas grand-chose du savant arraché à son labo. Menton glabre et teint…
Lire un résumé →La Société mathématique de France a rendu public le 27 mai un rapport de 60 pages sur « l'impact socio-économique des mathématiques en France ». Selon ce document, les mathématiques contribuent à 15 % du PIB national et 9 % des emplois, et sont essentielles à près de la moitié des secteurs clés : santé, industrie, développement durable, télécoms, image numérique et bien d'autres. Derrière chaque application concrète — programmation, modélisation, cryptographie, prévisions — se cachent des probabilités, de la géométrie et des statistiques qui structurent la solution.
Cependant, les filières universitaires mathématiques connaissent une hémorragie inquiétante. Marc Peigné, président de la Société mathématique de France et professeur à l'université de Tours, constate que plus de la moitié des étudiants de L1-L2 disparaissent avant la L3, souvent attirés par les écoles d'ingénieurs, tandis que les effectifs en master et doctorat atteignent « des étiages particulièrement bas ». Cette situation est préoccupante : alors que le besoin de mathématiciens de haut niveau augmente dans de nombreux secteurs, la France risque de perdre son excellence académique historique. Peigné alerte sur l'urgence à redynamiser ces filières avec le soutien des décideurs politiques et économiques.
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