Une professeure critique le niveau des étudiants dans une tribune, ils découvrent qu'elle a utilisé l'IA dans son texte
Une professeure de Berkeley a publié une tribune critiquant le niveau des étudiants en mathématiques. Des étudiants ont détecté que 33 % du texte aurait été généré à l'IA. Elle a reconnu avoir utilisé l'IA pour éditer son article, relançant le débat sur l'usage de ces outils dans l'écriture académique.
Lire la synthèse →Une polémique mêlant pédagogie, intelligence artificielle et ironie a éclaté autour de Zvezdelina Stankova, professeure de mathématiques à l'université de Californie à Berkeley. Le 15 août, elle publiait dans le San Francisco Standard une tribune d'environ 2 000 mots dans laquelle elle dressait un bilan sévère du niveau de ses étudiants, évoquant des lacunes pouvant atteindre « cinq à huit ans » de retard, certains d'entre eux peinent à maîtriser des notions aussi fondamentales que les fractions ou l'algèbre de collège. Elle y mettait en cause la politique d'admission de l'université de Californie, qui a supprimé l'obligation de présenter des tests standardisés tels que le SAT ou l'ACT, permettant selon elle à des étudiants insuffisamment préparés d'intégrer un programme particulièrement exigeant. La tribune a rapidement suscité un vif débat en ligne, au point qu'un billet de réaction d'un professeur de droit de Berkeley a été consulté près de trois millions de fois sur le réseau social X.
Mais le retournement de situation ne s'est pas fait attendre. Des journalistes du Daily Californian, le journal étudiant de Berkeley, ont remarqué que le style de certains passages évoquait fortement celui d'un texte produit par une intelligence artificielle. Après analyse via le logiciel de détection Pangram, il est apparu que 33 % du texte aurait été généré ou assisté par l'IA. Face à ces accusations, Stankova a reconnu avoir eu recours à cet outil, mais en minimisant son rôle : selon elle, l'IA n'aurait servi qu'à corriger le texte et à retrouver des documents, sans en constituer le fond. Elle a insisté sur l'ampleur du travail humain sous-jacent, estimé à « plusieurs centaines d'heures », dont « environ 80 heures » effectuées par elle-même, sur trois semaines de collaboration avec des collègues enseignants et des journalistes.
Le San Francisco Standard a pris la défense de son auteure, affirmant que le texte reflète bien son analyse, ses recherches et son expertise. Le PDG de Pangram, Max Spero, a quant à lui défendu la fiabilité de son outil, rappelant un taux de faux positifs inférieur à 0,01 %. Stankova a pour sa part estimé que cette polémique détournait l'attention de l'enjeu réel : le débat sur les critères d'admission à l'université. L'ironie de la situation n'a pas échappé aux internautes — une professeure dénonçant les insuffisances académiques de ses étudiants tout en recourant elle-même à l'IA dans sa propre production écrite.
Actu