depuis le mois de janvier 2012, une nouvelle offensive des chercheurs a pris corps à partir de l'initiative de l'un d'entre eux...
En janvier 2012, le mathématicien Timothy Gowers lance un appel au boycott d'Elsevier, dénonçant les quatre piliers de la domination de cet éditeur : tarification excessive, politique de « bouquets » forçant les abonnements à des revues non désirées, intransigeance commerciale et lobbying contre le libre accès (notamment le Research Works Act aux États-Unis). Cet appel fédère rapidement : 11 488 chercheurs de disciplines variées signent le manifeste « The cost of knowledge », tandis qu'Elsevier recule en abandonnant son soutien au Research Works Act en février 2012.
Le mouvement s'amplifie par des soutiens institutionnels majeurs. En avril 2012, l'université Harvard incite ses 2 100 professeurs à diffuser librement leurs recherches en ligne, rejoignant de facto la contestation. En mai 2012, David Willetts, ministre anglais des Universités et de la Science, annonce un projet de plateforme publique donnant accès gratuit à toute recherche financée par l'État britannique, confié à Jimmy Wales (fondateur de Wikipédia).
Cette convergence d'actions individuelles, institutionnelles et gouvernementales constitue une offensive sans précédent contre l'oligopole formé par quatre géants (Elsevier, Springer-Kluwer, Wiley-Blackwell, Taylor & Francis), ouvrant la perspective d'une démocratisation réelle de l'accès à la communication scientifique.