Claudine Schwartz (statisticienne) et Claude Viterbo (mathématicien) reviennent sur la récente sortie du polémiste sur les trafiquants «noirs et arabes».
Claudine Schwartz (statisticienne) et Claude Viterbo (mathématicien) décortiquent la phrase d'Éric Zemmour affirmant que « la plupart des trafiquants sont noirs et arabes ». Ils soulignent le piège logique classique : cette affirmation ne permet pas de conclure que la plupart des personnes perçues comme noires ou arabes sont trafiquants — deux propositions statistiquement distinctes.
Les auteurs illustrent leur propos par l'exemple du taux de mortalité : brut, il est plus élevé en France qu'en Inde, mais intégrer les pyramides des âges inverse la conclusion. De même, la statistique sur les trafiquants ne constitue un « fait » que si l'on incorpore le contexte : les facteurs socioéconomiques (pauvreté, chômage) qui expliquent réellement le lien observé.
Ils mettent enfin en garde contre l'auto-réalisation : si les contrôles de police ciblent prioritairement un groupe, les tribunaux reproduisent inévitablement cette surreprésentation, créant une illusion de justification statistique pour des pratiques discriminatoires.