Comment les anciens Mésopotamiens concevaient-ils les très grands nombres ? En explorant les notations cunéiformes du IVe millénaire av. J.-C., les historiens révèlent des concepts d'« innombrable » et d'« immensité » loin de nos abstractions modernes.
Les sociétés mésopotamiennes anciennes n'appréhendaient pas les nombres comme nous le faisons aujourd'hui. L'étude des notations de « grands nombres » dans les textes cunéiformes du IVe millénaire av. J.-C. offre une fenêtre unique sur leurs conceptions mathématiques et culturelles.
Plutôt que de simples outils de calcul, les grands nombres reflétaient pour ces civilisations des notions abstraites : l'« innombrable », la « multitude » ou l'« immensité ». Décrypter ces représentations nous aide à comprendre comment les Mésopotamiens pensaient vraiment le monde et organisaient leur rapport aux quantités, bien avant les mathématiques grecques et modernes.
Un article exploratoire qui réinvente l'histoire de la géométrie en partant des fondements euclidiens. Et si les nombres n'étaient que des attributs des points ? Une relecture créative des origines mathématiques.
Cet article propose une expérience de pensée originale : repartir des premiers principes de la géométrie d'Euclide en les considérant sous un angle nouveau. L'auteur imagine un scénario alternatif où les nombres deviendraient de simples propriétés attachées aux points géométriques, plutôt que des entités autonomes.
Loin de raconter comment les mathématiques se sont réellement développées, le texte invite à renverser la perspective et à construire une histoire mathématique parallèle. C'est une réflexion ludique et conceptuelle sur les fondements de la géométrie, mêlant rigueur mathématique et liberté créative.
L'histoire est bien connue : Alan Turing, génie des mathématiques par ailleurs atteint du syndrome d'Asperger, a décrypté la machine Enigma et ainsi contribué à mettre fin à la Seconde Guerre mondiale. Interview de Benoît Solès, auteur et comédien, qui s'est emparé de cette histoire vraie et en a fait une pièce de théâtre à succès.
La 31ème Nuit des Molières a couronné « La Machine de Turing », pièce de théâtre écrite et interprétée par Benoît Solès, avec quatre nominations et quatre récompenses. L'oeuvre met en scène Alan Turing, mathématicien britannique de génie qui a décrypté la machine Enigma et contribué à la fin de la Seconde Guerre mondiale, tout en jetant les bases de l'informatique et de l'intelligence artificielle.
Solès souligne l'importance de réhabiliter la mémoire de Turing au-delà de ses prouesses scientifiques : figure iconoclaste, atteint du syndrome d'Asperger et homosexuel, Turing a été victime de persécution. Condamné à la castration chimique en raison de son orientation sexuelle, il a mis fin à ses jours. L'auteur, qui a eu l'idée d'écrire sur Turing dès 2008, y voit à la fois un acte politique et une destinée théâtrale de premier ordre : l'histoire d'une personnalité « différente » qui change le monde avant d'être marginalisée.
Rencontre en vidéo avec l'astrophysicien israélien Mario Livio qui évoque son nouveau livre "Dieu est-il mathématicien ?". Pas de théologie dans ce livre mais l'explicitation d'un mystère qui obsède les mathématiciens et tant d'esprits créatifs depuis des siècles : comment expliquer l'omniprésence et l'omnipotence des mathématiques...
Développées au Japon sous l'ère Edo (1600-1868), les mathématiques ont évolué à l'époque Meiji (1868-1912) en s'adaptant aux concepts étrangers. Entretien avec Marion Cousin*
Pendant l'ère Edo (1600-1868), malgré une politique de fermeture aux influences étrangères (Sakoku), le Japon a développé une tradition mathématique originale appelée wasan, héritière des méthodes algorithmiques chinoises mais enrichie de travaux novateurs dès le XVIIe siècle, notamment par Seki Takakazu et Takebe Katahiro. Ce système mathématique, enseigné du niveau élémentaire aux écoles privées spécialisées et même appliqué aux calculs calendériques, s'est avéré si efficace qu'en 1860 aucune traduction de traité mathématique occidental n'existait en japonais.
L'arrivée du Commodore Perry en 1853 et la menace coloniale observée en Chine ont forcé le gouvernement japonais à opérer une mutation radicale. L'empereur Meiji proclame en 1868 que « la connaissance doit être recherchée partout à travers le Monde », inaugurant une politique volontariste de modernisation. En 1872, le décret Gakusei réforme entièrement le système éducatif japonais en instaurant l'enseignement des mathématiques occidentales (yosan) du primaire au supérieur, remplaçant progressivement le wasan par un modèle hiérarchisé et centralisé d'inspiration occidentale.
Reporterre publie un document exceptionnel : l'interview de Christian Escriva, qui fut pendant dix ans l'ami et le confident d'Alexandre Grothendieck, avant que le génial mathématicien ne trépasse à Lasserre, le petit village où il a vécu seul les vingt-trois dernières années de sa vie. Son témoignage éclaire d'un jour nouveau le mythe…
Réalisée à partir de son émission Sciences et conscience sur France-Culture, dans sa chronique scientifique, notre collaborateur Philippe Petit revient sur la relation ambivalente, voire simpliste, de Martin Heidegger avec la science et notamment les mathématiques.
Elles ont gardé le silence pendant plus de soixante ans. Celles qui ont décodé des milliers de messages du commandement allemand durant le second conflit mondial ont fait leur coming out. Et posé pour la postérité devant la «Bombe Turing»...