Avec 11 médailles Fields attribuées à des Français depuis l'origine de cette distinction, la France arrive tout juste derrière les USA, avec 13 médailles. Il est intéressant de s'interroger sur les raisons de ces succès, mais aussi sur le fait de savoir si cette situation de rayonnement peut durer.
Lors du Congrès International des Mathématiques 2012, l'école mathématique française remporte trois distinctions prestigieuses : deux médailles Fields (Ngô Bao Châu et Cédric Villani) et le Prix Gauss (Yves Meyer). Avec 11 médailles Fields attribuées au total, la France se classe juste derrière les États-Unis (13 médailles). Cet auteur, mathématicien et ancien camarade des deux lauréats à l'École Normale Supérieure, souligne que cette génération a bénéficié d'un environnement favorable : allocations de recherche, création d'emplois scientifiques, liberté de poursuivre des travaux audacieux.
Cependant, il pointe un tournant alarmant : les conditions de la recherche française se sont dégradées. L'évaluation bureaucratique, les appels à projets compétitifs et la bibliométrie découragent les jeunes de s'engager dans des sujets risqués. Les carrières de chercheur perdent en attractivité, repoussant les talents vers les États-Unis. L'auteur cite Jean-Christophe Yoccoz (médaille Fields 1994) exprimant les mêmes craintes : sans restaurer l'attractivité des carrières scientifiques et la détection des talents, la suprématie française en mathématiques ne pourra pas se maintenir.