Comment la réforme du lycée éloigne les filles des maths et des sciences
La réforme du lycée de 2019, qui a remplacé les séries générales par un système de spécialités modulaires, a provoqué une effondrement sans précédent des effectifs en formation scientifique. Alors que le baccalauréat « sciences » (cursus incluant au minimum 12 h hebdomadaires de sciences et 5h30 de mathématiques) représentait environ 50 % des bacs généraux entre 1962 et 2020, sa part est tombée à 27 % en 2022 — un retour aux niveaux de 1988, malgré une augmentation du nombre total de bacheliers.
Cette baisse affecte inégalement les filles et les garçons. Entre 1986 et 2020, les inégalités de genre s'étaient progressivement réduites, avec une augmentation régulière de la proportion de bachelières scientifiques. Depuis 2019, ce mouvement s'est inversé : les effectifs scientifiques ont chuté de 60 % chez les filles et de 30 % chez les garçons. Les inégalités d'accès aux sciences entre femmes et hommes se sont ainsi nettement aggravées, contredisant les objectifs affichés de promotion des femmes dans les carrières scientifiques et techniques.
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