Les néoclassiques : la première mathématisation de l'économie
Au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, les économistes néoclassiques — William Stanley Jevons (1871) et Léon Walras (1874) — ont rompu avec la tradition classique en traitant l'économie comme une science mathématique plutôt qu'une science humaine. Précédés par le mathématicien français Augustin Cournot (1838), ils ont fondé deux écoles influentes : celle de Cambridge et celle de Lausanne.
Ces néoclassiques se distinguent par leur conviction que l'économie est constituée de variables chiffrées et donc mathématisable. Ils conservent toutefois l'individualisme méthodologique des classiques, en construisant leur analyse autour de l'homo oeconomicus cherchant à maximiser son utilité sous contraintes (notamment les prix). Ils apportent des outils novateurs : courbes d'offre et de demande, équations mathématiques, et le concept d'équilibre, que Walras systématise comme équilibre général — un état où l'offre égale la demande sur tous les marchés.
Bien que parfois critiquée pour son caractère abstrait, cette mathématisation constitue une avancée majeure : elle permet d'isoler et de théoriser les dimensions économiques du comportement humain, distinct de l'école autrichienne de Menger qui refuse cette formalisation mathématique.
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