Au moment du penalty, en une fraction de seconde, le gardien doit décider s'il va plonger à gauche, à droite, ou s'il va rester au milieu du but. Une étude conclut à l'efficacité supérieure de l'inaction. Une attitude peu prisée dans et hors stade.
Les chercheurs Michael Bar-Eli et son équipe de l'Université Ben-Gourion ont analysé 286 penalties en matches internationaux. Leur découverte surprend : rester au centre du but offre une probabilité d'arrêt de 33%, contre seulement 13% pour les plongeons latéraux. Or, les gardiens restent immobiles dans seulement 6% des cas et plongent dans 94% des cas.
Cette irrationnalité s'explique par un biais cognitif : la préférence pour l'action. Un gardien qui plonge et échoue peut justifier son effort, tandis que celui qui ne bouge pas et encaisse le but semble passif et irresponsable aux yeux du public. Le résultat est identique, mais la perception ne l'est pas.
Ce biais dépasse largement le sport. En politique, en économie et en finance, on observe la même tendance : privilégier l'action plutôt que l'inaction, même quand cette dernière serait objectivement plus judicieuse. Le Crédit Suisse a d'ailleurs utilisé l'analogie football-finance dans sa communication commerciale, mais s'est bien gardé de recommander l'immobilisme aux investisseurs.