Apprentis : le niveau en écriture et en math jugé insuffisant
Une enquête menée auprès de près de 3 000 entreprises suisses, à l'initiative de trois grandes faîtières économiques — economiesuisse, l'Union suisse des arts et métiers et l'Union patronale suisse — dresse un constat alarmant sur le niveau des apprentis en matière de compétences fondamentales. Selon les résultats, 59 % des entreprises formatrices jugent les aptitudes rédactionnelles de leurs apprentis insuffisantes, et les trois quarts d'entre elles estiment que ce niveau s'est dégradé ces dernières années. Les difficultés concernent la grammaire, l'orthographe et la rédaction professionnelle, mais aussi la capacité à comprendre un texte long et à en extraire les informations clés. Les mathématiques ne sont pas épargnées : 42 % des entreprises portent un regard négatif sur ces compétences, notamment en ce qui concerne l'interprétation et la contextualisation d'un résultat. En revanche, les compétences numériques des apprentis sont saluées comme nettement supérieures. Pour la moitié des entreprises interrogées, ce déclin dure depuis au moins cinq ans, un constat qui rejoint les données de l'enquête internationale PISA, selon laquelle les scores des élèves de quinze ans ont chuté de près de 23 points en mathématiques et de 25 points en lecture entre 2012 et 2022. Les causes précises de cette baisse restent mal cernées : Rudolf Minsch, économiste en chef d'economiesuisse, reconnaît que « nous savons encore relativement peu de choses sur les causes ». La pandémie de Covid-19 est évoquée parmi les pistes, tout comme la proportion croissante d'élèves dont la langue maternelle diffère de la langue locale, passée de 21 % à 36 % en vingt-cinq ans. Les conséquences sont concrètes pour les entreprises : les apprentis gagnent moins vite en autonomie, commettent davantage d'erreurs et exigent un encadrement renforcé. Deux entreprises sur cinq estiment supporter des coûts supplémentaires, atteignant souvent 2 000 francs par an. Plus préoccupant, une entreprise sur cinq déclare déjà réduire ses recrutements ou envisager d'y renoncer à terme, un phénomène particulièrement problématique pour les PME. Face à ce risque de réduction des places d'apprentissage, les faîtières réclament que la lecture, l'écriture et les mathématiques retrouvent « une place centrale » dans la scolarité obligatoire, et demandent la mise en place d'un suivi structuré des résultats éducatifs. Cristina Gaggini, directrice romande d'economiesuisse, appelle à une action coordonnée entre écoles, cantons, politiques et entreprises, soulignant que l'apprentissage est « une force de notre pays, enviée dans le monde entier ». En réponse, la Confédération a annoncé le déblocage de trois millions de francs pour soutenir la formation dispensée en entreprise, avec l'objectif de renforcer la qualité du système dual sur le long terme.
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