Le génie mathématique a-t-il un sexe?
Des chercheurs de l'Université Duke ont analysé 30 ans de résultats de tests SAT passés par des adolescents de 13 ans. Parmi les 0,01% des meilleurs en mathématiques, le ratio hommes-femmes est passé de 13 pour 1 en 1981 à environ 3,5-4 pour 1 depuis 1991, où il s'est stabilisé. Les résultats alimentent la théorie de la « variabilité extrême » : les hommes seraient plus fréquemment aux extrêmes de l'intelligence, ce qui expliquerait leur surreprésentation parmi les doctorats en sciences.
Cette théorie, longtemps discréditée, rencontre une vive opposition. Louise Cossette (UQAM) souligne que 20 ans de stabilité est peu de temps face à des millénaires de préjugés, et que les tests mesurent la performance, non les aptitudes. Janet Mertz (Université du Wisconsin) note que ce phénomène n'existe pas dans tous les pays (Angleterre, Philippines, Singapour) et suggère que l'écart reflète plutôt les intérêts sociaux des adolescentes que leurs capacités innées.
Mertz pointe aussi un biais méthodologique : l'échantillon cible les jeunes qui se portent volontaires pour un test accéléré, ce qui peut exclure des filles socialement réticentes à être catégorisées comme « nerd ». Elle conclut que l'intérêt des jeunes filles pour les mathématiques peut être stimulé par des politiques publiques appropriées.
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