Une géante des mathématiques partie trop vite
Maryam Mirzakhani (1977–2017) est devenue en 2014 la première femme de l'histoire à recevoir la médaille Fields, la plus haute distinction en mathématiques. Professeure à Stanford, elle incarne une figure pionnière dans une discipline où les femmes ne défendent que 30 % des thèses doctorales et occupent moins de 15 % des postes universitaires. Cette sous-représentation est alimentée par une culture académique toxique qui tend à sous-estimer les compétences des femmes et à valoriser davantage le « génie » masculin.
Née en Iran peu après la guerre avec l'Irak, Maryam Mirzakhani n'avait pas vocation initiale aux mathématiques. Mais après des débuts jugés « médiocres », elle s'impose en remportant à 17 ans une médaille d'or au concours national iranien de mathématiques—un exploit d'autant plus remarquable qu'elle avait dû insister pour avoir le droit d'y participer, ces épreuves étant réservées aux garçons. Ses études supérieures à Harvard révèlent une chercheure dotée d'une curiosité insatiable et d'une persévérance remarquable, capable d'aborder les problèmes les plus complexes en géométrie et systèmes dynamiques.
En 2010, elle contribue de manière inédite à la résolution du « problème du billard »—un classique de la physique mathématique—en imaginant simultanément toutes les déformations possibles d'une table polygonale, ouvrant ainsi une nouvelle approche des systèmes dynamiques. C'est ce travail qui lui vaut la médaille Fields, couronnement d'un parcours bref mais éblouissant.
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