Mathématiques : pourquoi l'école fabrique-t-elle des "petits génies" et des filles qui doutent ?
Une enseignante et le mathématicien Bernard Ycart ont analysé les données de 172 élèves de cycle 3 (CM1 à 6e) pour comprendre le fossé de genre en mathématiques. Les résultats révèlent un paradoxe : si les filles réussissent globalement aussi bien que les garçons, elles sont fortement sous-représentées aux meilleurs niveaux. À performance égale, les filles systématiquement sous-évaluent leurs capacités tandis que les garçons, même moins compétents, affichent une confiance remarquable.
Dans sa classe, l'auteure a observé comment ces stéréotypes se manifestent concrètement : une excellente élève attribue ses réussites à la facilité plutôt qu'à ses compétences, tandis que les garçons admettent volontiers ne pas écouter les filles. Lors de défis géométriques, les filles se distinguent par leur collaboration et leur rigueur, quand les garçons se perdent dans la précipitation et la compétition. Ces observations suggèrent que l'école peut, par une vigilance quotidienne et une valorisation équitable des réussites, contrecarrer ces mécanismes d'autodépréciation.
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