Nous avons tous la bosse des maths

sciencesetavenir.fr · 3 février 2017 · Lire l'article entier ↗
Nous avons tous la bosse des maths

Le mythe de la « bosse des maths » remonte au XIXe siècle avec les théories discréditées de Franz Joseph Gall sur la phrénologie. Cependant, l'imagerie cérébrale moderne a permis de réhabiliter l'idée qu'une « zone des maths » existe réellement — et elle est universelle. Les neuroscientifiques Stanislas Dehaene (Collège de France) et Marie Almaric (Inserm-CEA) ont démontré en 2016 que la réflexion mathématique active des régions spécifiques du cortex (sillons intrapariétaux, cortex frontal dorsal et inféro-temporal) liées à la perception des quantités, de l'espace et du temps, distinctes de celles mobilisées pour le langage.

Résultat majeur : cette « zone des maths » est présente chez tous les individus dès la naissance, y compris chez les non-mathématiciens. Lorsqu'un mathématicien professionnel résout un problème complexe et qu'un historien effectue une simple addition, c'est le même réseau cérébral qui s'active — seule l'intensité diffère. Cette découverte s'appuie sur des observations convergentes : les patients aphasiques conservent leurs capacités de calcul, et les nourrissons discernent les quantités bien avant d'apprendre les mathématiques.

Autre conclusion importante : aucune disparité innée entre filles et garçons n'a été détectée. Les différences observées dans les performances mathématiques proviendraient exclusivement de facteurs éducatifs et des stéréotypes sociaux qui les accompagnent.

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