Interview de Cédric Villani
Depuis sa médaille Fields en 2010, Cédric Villani s'engage à communiquer auprès du grand public, convaincu que c'est un devoir de chercheur. Il souligne un paradoxe : nous avons besoin de plus de scientifiques que jamais, mais les vocations diminuent. Il est donc crucial que politiques et citoyens comprennent l'importance du financement de la recherche. Villani insiste également sur le rôle des mathématiques comme point d'interface entre disciplines : la plupart des avancées modernes naissent à ces carrefours entre créatifs, scientifiques, industriels et théoriciens.
Sur le plan économique, les mathématiques représentent 16 % de la valeur ajoutée de l'économie anglaise selon une étude Deloitte. Villani prend l'exemple d'IBM France, dont le PDG préside le conseil de l'Institut Poincaré, attiré en France par l'excellence mathématique. Contrairement aux idées reçues, les mathématiciens ne calculent pas : ils construisent des raisonnements sur des objets abstraits, guidés par l'élégance et la beauté des solutions. Villani répond enfin aux critiques sur l'image négative des maths à l'école en rappelant que les blocages dépendent surtout de la pédagogie. Le raisonnement logique mathématique n'est pas naturel : il faut du temps, de la progressivité et des enseignants engagés pour aider les élèves à le maîtriser.
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