Je n'étais pas le favori pour la médaille Fields
Jean-Christophe Yoccoz a reçu la médaille Fields au début des années 1990, apprenant la nouvelle lors d'un appel téléphonique du secrétaire de l'Union mathématique internationale. Bien qu'il figurât parmi les candidats possibles, il ne s'estimait pas favori et insiste sur le fait que sa recherche en systèmes dynamiques était motivée par la satisfaction intellectuelle et les défis scientifiques, non par la quête du prestige.
La remise de la médaille lors du Congrès international des mathématiciens l'a propulsé à l'avant-scène médiatique, une exposition soudaine qu'il a d'abord perçue comme une distraction de ses recherches. Cependant, cette notoriété lui a permis de s'investir dans des commissions politiques sur l'éducation et de communiquer auprès du grand public sur l'importance des mathématiques, notamment en intervenant auprès de lycéens pour combattre les idées reçues selon lesquelles les maths seraient réservées aux élites.
Contrairement à certains lauréats pour qui la médaille devient un poids, Yoccoz insiste que le plaisir esthétique de faire des mathématiques—comparable à celui d'un artiste créant une oeuvre—a toujours été le moteur de son travail et ne l'a jamais quitté, même après l'obtention de cette reconnaissance.
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