Accident nucléaire: ne pas céder aux faux calculs
Benjamin Dessus et Bernard Laponche, tous deux anciens du CEA, ont publié dans Libération une affirmation spectaculaire : sur la base des accidents nucléaires passés, un accident majeur en Europe aurait une probabilité de plus de 100 %. Une impossibilité mathématique, puisqu'une probabilité ne peut dépasser 1.
Claudine Schwartz (statisticienne) et Jacques Treiner (physicien) démontrent l'erreur de raisonnement : les auteurs confondent probabilité et moyenne. En calculant 4 accidents sur 14 400 années-réacteurs mondiales, ils obtiennent environ 0,0003. Pour passer à la France et l'Europe, ils appliquent une « règle de trois » qui traite la probabilité comme une moyenne, produisant des valeurs impossibles. C'est mathématiquement équivalent à dire qu'en répétant 2 000 fois une expérience ayant 1/1000 de chance de réussir, la probabilité de réussir au moins une fois serait 2.
Un second problème, plus grave encore : le calcul suppose tous les réacteurs mondiaux soumis aux mêmes risques (tsunamis au Japon, par exemple), ignorant les conditions géographiques et techniques spécifiques. En France, aucun accident majeur n'a été enregistré en 30 ans, rendant impossible une estimation statistique fiable. Les auteurs détournent les chiffres pour « générer de la peur sociale », selon les critiques, dérogant à l'éthique attendue dans le débat nucléaire.
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