Une dommageable confusion entre philosophie et statistiques
La Fédération suédoise des assurances définit l'assurance comme la répartition collective des risques fondée sur des « méthodes de calcul scientifiques » et professionnelles. Or, une récente décision de la Cour de justice européenne interdit aux compagnies d'assurance de tenir compte de l'appartenance sexuelle dans le calcul des primes, supprimant une dérogation qui existait depuis 2007 et qui autorisait cette prise en compte lorsqu'elle s'appuyait sur des statistiques fiables.
L'avocate générale Juliane Kokott, dont les recommandations ont été suivies par la Cour, a déclaré qu'il n'existe pas de « preuves suffisantes » que les différences de risque (durée de vie, comportement au volant) relèvent de la biologie plutôt que de facteurs culturels ou éducatifs. L'auteur souligne cependant que les compagnies d'assurance ne sont pas des centres d'études : leur rôle est de formuler des hypothèses fondées sur les données statistiques disponibles, non de trancher des débats philosophiques sur la nature du sexe ou de l'égalité.
Cette décision produit un effet concret : les jeunes conductrices, qui statistiquement déclarent moins d'accidents, paieront désormais des primes d'assurance automobile sensiblement plus élevées qu'auparavant. L'article critique cette confusion entre une exigence d'égalité de traitement (argument éthique) et le rejet de données empiriques pertinentes pour l'activité d'assurance.
Actu