Insolite

Une professeure critique le niveau des étudiants dans une tribune, ils découvrent qu'elle a utilisé l'IA dans son texte

ouest-france.fr · 21 août 2026 · Lire l'article entier ↗
Une professeure critique le niveau des étudiants dans une tribune, ils découvrent qu'elle a utilisé l'IA dans son texte

Une enseignante en mathématiques de l'université de Californie à Berkeley, Zvezdelina Stankova, se retrouve au coeur d'une controverse après avoir publié, le 15 août, une tribune remarquée dans laquelle elle tirait à boulets rouges sur le niveau de ses étudiants. Dans ce texte d'environ 2 000 mots paru dans le San Francisco Standard, elle dénonçait des lacunes qu'elle jugeait alarmantes : certains étudiants arrivant à Berkeley afficheraient un retard de cinq à huit ans, ignorant des notions aussi fondamentales que les fractions ou l'algèbre du collège. Elle pointait du doigt la suppression des tests standardisés d'admission — le SAT et l'ACT — par l'Université de Californie, une décision qui, selon elle, aurait ouvert les portes à des candidats insuffisamment armés pour affronter des programmes aussi exigeants.

La tribune a rapidement enflammé les débats en ligne, au point d'attirer l'attention de grands médias nationaux. Mais c'est le journal étudiant de Berkeley, le Daily Californian, qui a retourné la situation : ses journalistes ont relevé que le style de certains passages semblait inhabituellement proche de celui d'un outil d'intelligence artificielle. Soumis au détecteur Pangram, le texte a été identifié comme généré ou assisté par IA à hauteur de 33 %. Un résultat similaire aurait été observé sur une lettre ouverte de juin, co-rédigée par Stankova et signée par des milliers d'académiciens, dont cinq prix Nobel, qui plaidaient eux aussi pour le rétablissement des tests standardisés.

Face à ces révélations, la professeure a admis avoir eu recours à l'IA pour « retoucher » son texte, mais elle a tenu à relativiser la portée de cet aveu. Elle a précisé que la tribune représentait « plusieurs centaines d'heures de travail humain intensif », dont une quatre-vingtaine assumées personnellement par elle-même, et que l'IA n'avait servi qu'à la correction et à la recherche documentaire. Le PDG de Pangram, Max Spero, a pour sa part défendu la fiabilité de son outil, affirmant que son taux de faux positifs serait inférieur à 0,01 %. Le San Francisco Standard a quant à lui soutenu que la tribune reflétait bien l'analyse et l'expertise de son autrice.

Stankova estime que ce débat autour de l'IA occulte l'enjeu réel : la question des critères d'admission à l'université. La situation n'en a pas moins déclenché une vive ironie sur les réseaux sociaux, où beaucoup ont relevé le paradoxe d'une professeure dénonçant les insuffisances académiques de ses étudiants tout en recourant elle-même à un outil qu'elle pourrait leur reprocher d'utiliser.

Sources : ouest-france.fr · lebigdata.fr · leparisien.fr

← Toutes les actualités