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«Une ingéniosité extrême» : comment l'intelligence artificielle a résolu les fameux problèmes mathématiques d'Erdös

lepelerin.com · 7 août 2026 · Lire l'article entier ↗
«Une ingéniosité extrême» : comment l'intelligence artificielle a résolu les fameux problèmes mathématiques d'Erdös

Depuis l'automne 2025, l'intelligence artificielle multiplie les avancées spectaculaires dans le domaine des mathématiques, au point de résoudre des problèmes restés ouverts depuis des décennies, voire près d'un siècle.

L'une des percées les plus remarquables concerne la conjecture dite des « distances unitaires », formulée en 1946 par le mathématicien hongrois Paul Erdos (1913-1996). Ce problème, classé parmi les dix plus difficiles de la liste des 1 217 énigmes laissées par Erdos, posait la question du nombre de paires de points séparés par une distance exactement égale à 1 parmi un ensemble de n points dans le plan. La conjecture était généralement tenue pour vraie par la communauté mathématique, qui cherchait à la démontrer. Le 20 mai 2026, OpenAI a annoncé qu'elle avait été réfutée par ChatGPT dans sa version 5.2, sortie en décembre 2025. Fait notable : la solution n'a pas été produite par des chercheurs ou des ingénieurs d'OpenAI, mais par de simples amateurs utilisant leur abonnement personnel. La démonstration, publiée formellement, a été validée par des mathématiciens de renom. Ce qui déconcerte les spécialistes tient moins au résultat qu'à la méthode : l'IA a mobilisé des champs mathématiques que personne n'avait envisagé d'appliquer à ce problème. Le mathématicien Arul Shankar la qualifie de preuve « très humaine, quoique d'une ingéniosité extrême ».

Cette réussite s'inscrit dans un contexte plus large d'effervescence. Le 19 juillet, Levent Alpöge, mathématicien chez Anthropic, a annoncé que Claude Fable 5 avait réfuté la conjecture jacobienne, énoncée en 1939 par le mathématicien allemand Ott-Heinrich Keller et jamais démontrée depuis. Le 10 août, Anthropic a révélé qu'une version non publiée de Claude avait progressé sur un problème lié à la célèbre hypothèse de Riemann, formulée en 1859 et dotée d'une récompense d'un million de dollars : l'IA a coordonné de manière autonome une soixantaine de sous-agents, exécuté 2 400 commandes et procédé à des relectures croisées, tandis que l'unique contribution humaine consistait, selon Anthropic, à envoyer des messages d'encouragement. Le 1er août, OpenAI publiait de son côté un manuscrit de 249 pages annonçant que son futur modèle Astra aurait résolu dix problèmes ouverts en mathématiques et en informatique théorique.

Ces annonces suscitent cependant des réserves dans la communauté scientifique. Début juin, la déclaration de Leiden, signée par quelque 3 500 chercheurs dont le médaillé Fields Peter Scholze, a mis en garde contre des résultats diffusés via des communiqués de presse avant toute validation par les pairs, risquant de « surestimer l'importance des outils automatisés ». La prudence est d'autant plus de mise qu'à l'automne 2025, des problèmes d'Erdos présentés comme résolus par ChatGPT s'étaient révélés simplement retrouvés dans la littérature existante. Pour François Charles, directeur du département de mathématiques de l'École normale supérieure, ces outils représentent néanmoins « une vraie révolution scientifique » qui, loin de condamner les mathématiciens, ouvre un nouveau champ des possibles.

Sources : lepelerin.com · lecho.be · tf1info.fr · snrtnews.com

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