Délai post-mortem : quel modèle mathématique pour le calculer ?

sciencesetavenir.fr · 27 décembre 2016 · Lire l'article entier ↗
Délai post-mortem : quel modèle mathématique pour le calculer ?

En médecine légale, estimer l'heure du décès (délai post-mortem) repose sur plusieurs méthodes : rigidité cadavérique, lividités, dégradation corporelle et surtout température corporelle. Depuis 1988, le nomogramme de Henssge reste l'outil de référence, mais il s'avère très limité : il ne vaut que pour des masses entre 50 et 80 kg, ne tient pas compte de la taille, de la position du corps ou des variations de température ambiante, et est conçu pour les climats tempérés.

Depuis décembre 2016, un projet nommé « Tic-Tac » mobilise des élèves ingénieurs de l'ENSAM et le Laboratoire Pluridisciplinaire de Criminalistique pour développer un modèle mathématique nouveau. Il intégrera des paramètres jusqu'alors négligés : isolant des vêtements, nature du support, conditions environnementales, transfert thermique à travers le sol. L'ambition est de réduire la précision minimale de 2,8 heures à 1 heure, valable dans n'importe quelles conditions.

Le projet, mené en collaboration avec médecins légistes et enquêteurs, devrait aboutir à des résultats complets en 4 ou 5 ans. Une publication préliminaire sur la déperdition de chaleur par le sol pourrait paraître dès la première année. Cette approche pluridisciplinaire combinant modélisation numérique, physique et sciences médico-légales représente une avancée significative dans l'estimation judiciaire de l'heure du décès.

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