Avec l'Oulipo, les mots sont un jeu depuis 50 ans

slate.fr · 24 novembre 2010 · Lire l'article entier ↗

L'Ouvroir de Littérature Potentielle, fondé en 1960 par Raymond Queneau et François Le Lionnais, repose sur un principe paradoxal : la rigueur formelle engendre la créativité. Le groupe établit des contraintes linguistiques (lipogrammes, monovocalisme, etc.) que les auteurs traduisent en textes. Queneau publie dès 1961 Cent mille milliards de poèmes, où dix sonnets découpés se recombinent pour générer 10¹4 variantes différentes.

Georges Perec, coopté en 1967, devient la figure majeure du mouvement. La Disparition (1969) compte 300 pages écrites sans la lettre « e » ; La Vie mode d'emploi (1978) s'appuie sur le carré eulérien d'ordre 10, une structure mathématique qui guide les déplacements du lecteur comme un cavalier d'échecs. Italo Calvino et d'autres membres explorent des contraintes sémiotiques et formelles tout aussi sophistiquées. Cinquante ans après sa création, l'Oulipo continue d'attirer des écrivains et des lecteurs en démontrant que l'imposition de règles n'appauvrit pas l'expression, mais la densifie et la libère.

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