Devoir démolir des murs de Notre-Dame de Paris n'est pas à exclure

sciencesetavenir.fr · 21 mai 2019 · Lire l'article entier ↗
Devoir démolir des murs de Notre-Dame de Paris n'est pas à exclure

Paolo Vannucci et Ioannis Stefanou, chercheurs du CNRS et du laboratoire Navier, avaient prédit dès 2016 (dans un rapport classé confidentiel-défense) les risques catastrophiques qu'un incendie poserait à Notre-Dame. Après l'événement d'avril 2019, ils ont exploité un modèle numérique dynamique de la cathédrale, construit par le doctorant Filippo Masi à partir de données de scan 3D publiques, pour quantifier les dégâts structurels.

Leurs deux études successives révèlent que l'édifice a perdu environ 60 % de sa résistance au vent : avant l'incendie, la cathédrale pouvait supporter des vents de 220 km/h ; après, cette limite s'effondre à environ 90 km/h. Cette dégradation résulte principalement de la disparition du toit et de la charpente qui transmettaient les poussées latérales. Les chercheurs soulignent également les dommages physico-chimiques causés par la chaleur extrême (carbonatation de la pierre calcaire) et les chocs thermiques lors de l'extinction, facteurs non encore pleinement intégrés aux modèles.

Les conclusions alimentent le débat sur la reconstruction : les chercheurs rejettent l'idée d'une toiture légère (argumentant que la pierre dispose de grandes réserves de portance verticale) et soulèvent la question de l'affaiblissement global de la structure, avec des implications possibles sur les choix architecturaux futurs.

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