OpenAI fait trembler les maths : les jeunes chercheurs craignent de devenir inutiles
Le 1er août, OpenAI a annoncé que son modèle Astra avait résolu dix problèmes mathématiques ouverts en géométrie haute dimension, théorie des codes, cryptographie sur réseaux et autres domaines. Chaque preuve a été vérifiée formellement dans Lean, l'assistant de preuve qui en garantit la cohérence logique. Contrairement aux exploits isolés antérieurs, cette série de résultats marque un changement d'échelle : ce ne sont plus des démonstrations de laboratoire, mais des avancées susceptibles de lancer des carrières académiques.
Le choc provient des questions qu'Astra pose à la discipline. Des chercheurs s'inquiètent pour des doctorants dont les sujets de thèse pourraient être résolus avant la soutenance, et redoutent un déplacement des compétences mathématiques vers la vérification plutôt que la création. François Yvon (CNRS, Sorbonne Université) souligne cependant qu'une expertise mathématique solide restera nécessaire pour poser les bonnes questions, comprendre les résultats et juger leur portée.
La communauté mathématique s'organise face à ces enjeux. La Déclaration de Leiden (juin 2024), soutenue par l'Union mathématique internationale, appelle à la transparence, à l'attribution honnête et à la vérification indépendante. Mais le débat reste ouvert : si la transparence et l'accès public (OpenAI offre ses meilleurs modèles à 100 000 scientifiques) sont des progrès, ils concentrent aussi le pouvoir scientifique entre les mains d'acteurs privés.
Actu